– Expertise professionnelle par une experte en art, 2017
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Le Guide de Cotation des Artistes d’Art Zoom, de 2006 à 2015
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Muriel Cayet , artiste peintre coloriste et art-thérapeute  certifiée, est née en 1961 à Ivry sur Seine.

 Elle vit et travaille dans le Berry depuis plus de vingt ans.  Elle expose régulièrement depuis une douzaine  d’années sur tous les continents et à ce jour, elle a réalisé plusieurs  centaines d’expositions personnelles  à  travers le monde. Elle est présente dans de nombreuses collections privées dans  au moins quinze pays en Europe mais aussi aux Etats-Unis, au Canada, en  Australie, en Asie.


Artiste multidisciplinaire, elle place le processus créatif au centre de ses priorités. Résolument dans la transmission et dans la formation, elle est passée maître dans l’accompagnement à la création en initiant de nombreux ateliers et stages de développement de la créativité depuis vingt ans. Son travail d’artiste peintre s’inscrit dans une volonté de créer des univers différents - sa peinture est essentiellement une peinture de paysages - mais plus encore de restituer le vivant, dans des toiles toutes issues de la même famille : celle de la couleur !
 Grâce à la présence forte de la couleur, elle met en scène le bonheur d’être en vie. Sa quête: une peinture tout simplement ... vivante ! En dehors des barrières - abstraction, figuration, à l’écart des modes, une peinture de tous les temps. Une peinture intemporelle. Un univers spécifique entre deux, entre le rêve et la réalité...


 Pourquoi sommes-nous des artistes ? Il se peut que jamais  nous ne le sachions vraiment ! Alors déployons notre énergie à poursuivre le chemin,  de ceux, qui, il y a plusieurs dizaines de milliers d’années, ont commencé à  tracer des signes sur les parois, sans savoir pourquoi, mais avec envie et  générosité. Peut-être aussi amusement, et contentement. Nous n’inventerons sans  doute rien; à tout le moins avons-nous le devoir que cela ne s’arrête pas ! Et  amusons-nous, avec sérieux, à le faire !





L'art


 Il est évident que l’on ne peut considérer l’art comme un concept statique, un état figé. Art et évolution vont, à mon sens, de pair. Il en est de même pour l’art visuel qui évolue sans cesse et qui permet à toutes les formes artistiques d’évoluer elles –aussi. Plus pragmatiquement, le fait de pouvoir exposer virtuellement ses toiles sur le Net permet de gagner du temps, de montrer son travail au monde entier en quelques secondes et les retours multiples prouvent que les visiteurs sont nombreux et cela permet à l’art de se propager plus rapidement encore et d’envahir positivement la plupart des foyers au moins occidentaux. Bien entendu, nous devons rester vigilants face à l’image et à ces éventuelles manipulations, sur le plan sociologique entre autres. Mais avouons tout de même aussi que bon nombre de nos visiteurs virtuels se trouvant face à nos toiles lors d’expositions « réelles » ou « physiques » disent : cela n’a rien à voir avec l’image, c’est beaucoup mieux en « vrai » ! Et tant mieux que cela soit mieux en vrai, la surprise est bonne, mais il n’empêche que nos visiteurs virtuels auront été invités à cette exposition physique via leur ressenti à la vue de l’image …


 Jusqu’où irons-nous et quels seront les impacts du progrès technologique sur le regard des amateurs    d’art ?... Bien grande question, à laquelle évidemment, je ne me risquerais pas de répondre… A nous artistes, de demeurer lucides, vigilants mais néanmoins ouverts à toutes les innovations légitimes, et de privilégier toujours, mais plus encore pour soi, pour le plaisir très personnel que cela procure de manipuler de tels outils, la plume et l’encre ou la toile et le pinceau… 

             


      Ma démarche artistique :


              Je vais devoir ici envisager deux états qui en fait n’en font qu’un : celui d’artiste et celui d’art-thérapeute ou artiste accompagnant la création, ou comme encore artiste compagnon de voyage ( termes choisis et bien choisis par MC Joulia, Artiste-peintre, compagnon de voyage à l’hôpital psychiatrique de Bourges). En atelier, nous sommes tous des co-créateurs et nous devons apprendre à créer en compagnie, et parfois à être seuls en compagnie, ou encore à accompagner dans la création en se mettant soi en retrait ! J’aime ce rôle de troisième regard, d’œil étranger mais néanmoins ami qui se pose sur les toiles ou les écrits de ceux que j’accompagne : je suis comme le guide de haute montagne, j’assure la voie, et ensuite… je me mets en retrait pour ne jamais gêner l’autre dans l’expression. 

           


                                                  Etre seul… en compagnie !


Quand j’écris – pour moi- ou quand je peins, je suis seule le plus souvent, mais jamais je ne me sens quelqu’un de particulier, en dehors de la réalité et des préoccupations du quotidien. Mais je me sens incontestablement plus riche, plus forte aussi, parce que je dispose de ce plus qui me permet de rejeter tous les miasmes de ce quotidien, de les rejeter en les magnifiant par la création artistique. Les artistes sont peut-être des gens à part en ce sens qu’ils sont des éponges et qu’ils absorbent tout : le Bon, le Bien, le Beau, sans doute, mais aussi tout le reste et jusqu’à l’engorgement. Heureusement, l’expression est là pour permettre d’évacuer, de dire, de rejeter…dans l’urgence ou dans la réflexion, et de sublimer – concept primordial mais bien compliqué que celui de la sublimation…- les pulsions, mais aussi les peurs, les doutes, les traumatismes – autre concept primordial que celui de la résilience …

                                                                 


           Créer…



Dans l’acte créatif «pur» il n’y a souvent aucune préméditation, mais une sorte d’instinct, d’obligation vitale fulgurante qui pousse l’artiste peintre à ses pinceaux et à sa toile blanche, et l’auteur la plume et la feuille, blanche elle aussi. «Peindre s’est se créer soi-même ».
              Picasso disait aussi : «si l’on sait exactement ce qu’on va peindre, alors à quoi bon le peindre ».Ce constat m’oblige  à m’arrêter un instant sur l’absence de préméditation et sur le besoin vital de créer, et comme je parle de ce que je connais, d’écrire par exemple. 

            

Je ne puis qu’adhérer et confirmer que je ressens moi aussi en commençant une histoire une sorte de vide magnifique, un chemin à tracer, des vies à enfanter, des articulations à huiler, un vaste programme dont je sais que je sortirai grandie, changée, enrichie, mais que je démarre en ignorant absolument où je vais véritablement. Je dispose de pistes, de clés, d’un fil conducteur, certes, mais je ne connais pas les aboutissants de ces postulats. Parfois une histoire peut naître d’un mot ou d’une image, d’une sensation, d’une odeur, elle naît mais on sait intrinsèquement, presque viscéralement qu’elle était en nous, prête à mûrir, qu’il suffisait d’un élément extérieur anodin le plus souvent, pour que tout s’enchaîne.  Absence de préméditation certes, besoin immédiat à satisfaire comme dans l’urgence d’un besoin vital, encore, mais aussi une notion plus vague qui n’est pas uniquement celle de précaution évoquée dans le manuel, mais je dirais de prédestination.


Comme si tout ne demandait qu’à se mettre en œuvre, naturellement, mais d’une manière obligée. Comme si aussi, nous nous fixiions un but, celui de donner absolument un sens à chaque œuvre, qu’elle soit littéraire ou picturale pour ce qui me concerne et qui a chaque fois, rend la vie plus riche, plus pleine, plus ronde, plus consciente et plus aboutie.

Tous ces qualificatifs me poussent à ne jamais cesser de créer, pour accomplir, pour aboutir, pour avancer, creuser encore et travailler, sur soi, acquérir des connaissances, mais aussi marquer de son empreinte son temps, graver les mots et les couleurs, pour transmettre quelque chose, l’essence de soi, pour que ce passage sur terre serve à quelque chose, pour qu’une part de soi demeure après la mort. Certes la maternité permet aussi de ressentir cette possible survivance, cette poussière d’éternité, c’est pour certaines et certains, l’une des plus belles œuvres qu’une femme puisse créer !
On naît souvent au monde et à une certaine forme de connaissance de soi en mettant au monde un enfant et ce processus naturel, mais magique, se retrouve dans la création d’une œuvre artistique.
Nature et magie se mêlent pour tenter d’atteindre une certaine forme d’éternité. Créer ou recréer le réel, quand on a conscience de sa magie, devient un besoin vital, presque aussi irraisonné que peut l’être le désir d’enfant, ce si inexplicable sentiment qui naît au fond de soi.
Je suis femme, mère, auteur, coloriste et art-thérapeute, je cherche aussi, je trouve parfois, je n’ai aucune autre certitude que celle de vouloir toujours avancer, pour que ce passage, cette vie, serve à quelque chose, que j’aie l’absolue conscience de vivre chaque instant, que je ne passe pas à côté de cette magie.
La création quelle qu’elle soit, permet de donner un sens à sa vie et je dirai plus encore, un sens à la mort… qui n’a de sens que si elle ne représente pas une fin absolue, mais une cessation d’existence, le souvenir, la mémoire, les œuvres demeurant.

            Absence de préméditation, besoin vital, énergie intrinsèque et viscérale, volonté consciente ou non de marquer son temps, de transmettre : c’est ainsi que je ressens, que je comprends la création artistique. 


            

Il me revient en mémoire à ce stade précis de cette analyse, le très intéressant livre de Viktor E. Frankl ( psychiatre, docteur en médecine, philosophe, né en 1905 en Autriche et longtemps prisonnier des camps de concentration)  Découvrir un sens à sa vie … avec la logothérapie qui aime à citer Nietzsche :  «  Celui qui a un « pourquoi » qui lui tient lieu de but, de finalité, peut vivre avec n’importe quel « comment ».           


Et ne pourrions-nous pas aller plus loin en considérant que chacun a un pourquoi, que chez tout individu, même en situation de difficultés, de souffrance, de rejet, de désastre personnel, persiste des zones sensibles, actives, primordiales capables d’entrer dans une dynamique de vie, de résistance et dans le domaine qui nous occupe, de création, de succès par la création, de reconquête de l’estime de soi par l’expression artistique.
De la toile blanche à l’œuvre réalisée, les pensées les plus profondes, les nœuds et les blocages, les désirs prennent forme, remontent à une forme de mémoire vive qui s’exprime par le pinceau, ou les notes, ou l’écriture ou encore les mouvements du corps, mais transformés, sublimés ou encore éloignés.
Lutter contre le vide existentiel, donner un sens à sa vie en ayant conscience de sa responsabilité, être conscient du caractère limité de la vie et irrévocable de ce que nous faisons de notre vie et de nous-mêmes ; il semblerait que les artistes, poussés par cet irrépressible besoin de créer toujours, soient plus « riches » mais aussi plus à l’abri de ce vide existentiel.
L’accomplissement d’une œuvre est vital pour l’artiste, certes, mais en donnant un sens à sa vie, il s’éloigne aussi du vide existentiel, ce qui n’exclut pas l’angoisse de la création, de la difficulté de créer… mais c’est autre chose !
Et les artistes gravent ce passé, le martèlent ou l’offrent non pas seulement pour atteindre l’éternité, mais pour donner un sens à ce passage éphémère et aléatoire qu’est la vie.
Je retiendrai pour ma part cette phrase de Flaubert, que je fais non seulement mienne sans réserve, mais qui se rapproche étrangement de notre sujet de réflexion :
             


«L’art n’est grand que parce qu’il grandit. » (Correspondance à Louise Colet 1847).
            



La vocation... 

            



Mon illustre voisine, George Sand a dit : «Je n’ai jamais voulu être autre chose qu’un artiste» et je reprendrai volontiers ces termes ! Je crois que jamais je n’ai voulu être autre chose qu’une artiste et même si j’ai fait des études dites classiques de Droit et à l’Ecole du Louvre pour devenir commissaire-priseur – ce que je ne suis pas devenu pour des raisons d’achat de charges etc…- et que j’ai passé des années à travailler comme médiatrice, je savais que je désirais créer et accompagner des personnes dans le processus de création . Je le savais depuis l’âge de 15 ans. C’est après sept années d’études dans divers instituts que je suis devenue art-thérapeute en appréhendant pendant des années le processus de création, en me colletant avec les outils que sont l’écriture, le récit de vie plus particulièrement et bien entendu avec la toile et les couleurs !
 J’étais artiste, mais je le suis surtout devenue. C’est un chemin qui se vit au jour le jour, c’est une quête, c’est un questionnement perpétuel que l’état de créateur. Je n’ai jamais pris la décision de devenir artiste : elle s’est imposée à moi, au fil du temps, au fil des études, au fil du travail personnel, des réflexions…


Et ce n’est pas un but en soi, un état figé, une position dominante, une situation stable ! Loin s’en faut : c’est un travail de chaque seconde, une remise en question permanente, une volonté affirmée aussi de ne jamais camper sur ses positions mais de chercher, creuser, approfondir, avancer, en un mot : travailler !
 Mon père est peintre, mes deux grands-pères l’étaient aussi, ma mère travaillait dans le domaine de l’art avec des commissaires-priseurs ; aussi jamais ne sont-ils venus gêner la création chez moi, bien au contraire. Ils l’ont toujours encouragée ! A quatre ans, j’ai créé mes premières toiles abstraites et mon grand- père paternel me faisait composer des dégradés et des dégradés de couleurs ; des pages de dégradés ! Aujourd’hui à chaque coup de pinceau, je le remercie !!!


Comme je le disais précédemment, je n’ai jamais cessé de peindre, d’écrire, de créer toutes sortes d’objets, de modeler, de faire de la photo aussi et ce depuis l’âge de 4 ans. Je crois n’avoir jamais connu un seul moment d’ennui véritable – je ne parle pas ici de l’ennui recherché, voulu, souhaité que j’appelle plus volontiers contemplation, et mes parents ont souvent dit que précisément, je n’avais jamais dit : « Je m’ennuie ». Ce fut comme une sorte d’évidence pour moi ; vivre, créer, respirer, apprendre, créer, travailler, créer…

Apprendre…
Je parlais plus haut de chemin, de parcours, de route et pas forcément toute tracée. Je crois qu’on avance dans la création, on cherche, on trouve aussi et surtout on a de belles surprises et sans cette découverte de soi, cette rencontre avec soi, je ne crois pas qu’on continuerait de créer. Créer c’est aussi se dire à soi qui on est… et ce qui vaut pour l’un, autrement dit pour moi, ne vaut pas forcément pour d’autres artistes…

Les bons souvenirs d’exposition…
Sans hésiter : la rencontre avec les enfants, les tout-petits – de 2 ans à 5 ans- qui ont posé de bonnes questions ! C’est fou ce que les enfants comprennent qu’on doit ressentir, qu’on doit s’émerveiller avant de chercher à comprendre… comprendre quoi d’ailleurs ? Un voyage intérieur, un lâcher-prise ; cela ne se comprend pas, cela se vit, intérieurement et les enfants savent parfaitement le faire !
              Des souvenirs malheureux ? Non, je ne vois pas ! mais je suis comme les enfants, je m’émerveille de tout, et je transforme tout en actions, en émotions positives, en influx, en énergie de vie. Alors non, je ne vois pas ! 


 L’avenir…


Evidemment la possibilité de créer et de montrer son travail sans être entravé par des soucis d’ordre mercantile ; mais c’est sans doute beaucoup demander et les mécènes ne sont pas légion… !!!
 En tout état de cause, permettre aux artistes de bénéficier de moyens concrets d’exposer leur travail sans avoir à payer des sommes folles, de se mobiliser les uns les autres afin de pouvoir louer des espaces à des prix compétitifs. Créer dans son coin est une chose, même une bonne chose, mais à un moment ou à un autre, on a envie et besoin de s’exposer, d’ouvrir sa production au plus grand nombre, de dire aux autres aussi, après l’a
voir appris de soi dans la création, oui de dire aussi aux autres : voilà qui je suis !
C’est moi ! Alors un rêve serait de permettre aux artistes professionnels de voir organisée pour eux, une exposition dans un bel espace, ne serait-ce qu’une exposition par an. Une exposition gratuite, financée par les institutions, les collectivités territoriales, le mécénat, les Pouvoirs Publics, que sais-je…
La reconnaissance, la gloire, la notoriété : je n’en parle même pas. Je parle simplement de la possibilité de créer, d’exposer, de dire, de faire avancer une certaine forme de réflexion, de faire rêver les uns et les autres, de permettre le voyage intérieur, et pourquoi pas l’éblouissement, l’émerveillement.
Oui, le plus beau des rêves serait de bannir le désenchantement et de permettre l’émerveillement : donnons aux artistes cette possibilité ! Ils ont un rôle social à jouer ; ne le nions pas, bien au contraire !
              Travailler ! Lire, apprendre, regarder, vivre, sentir, écouter, écrire,  ouvrir toutes les vannes, et lacher-prise et s’offrir au monde… et plonger, y aller, sans résistance, laisser faire, et dire, dire vraiment Comme je le disais plus haut, l’artiste crée seul, le plus souvent, mais il n’en demeure pas moins un être social, qui a besoin de se sentir épaulé, de se sentir compris voire aimé par d’autres artistes qui comme lui, connaissent les doutes, les questionnements, les affres parfois de la création. Il doit pouvoir sans cesse être seul en compagnie. Nous savons, nous artistes, que d’autres sont là et travaillent pour nous mais surtout avec nous. Et nous avons besoin de ces échanges, de nous dire aussi, les uns aux autres, qui nous sommes ! Pour avancer toujours et encore, et je le répète, on avance sans doute beaucoup plus vite en étant accompagné, avec le regard extérieur, cette troisième oreille, avec l’Autre, bienveillant et attentif, voire critique, mais lucide, et ami.





Artist  Introduction

                    


Muriel Cayet was born in 1961 near Paris. A mediator and writer for fifteen years, but also literary adviser and training facilitator, this art-therapist has specialized in the story of life. Story of life as a tool of change of one’s relation to the other, of one’s vision of self, but also as a tool of personal development.
Colorist painter artist, today she lives in Mareuil sur Arnon (Cher region [Department of Cher] in France). One could describe the artist as a “travel companion” because art-therapy is an act of accompanying creation. “To paint is to create oneself,” she said in an interview speaking of the act of painting, of creating. The absence of premeditation in one’s creative act allows one to think that there is a vital need behind it. Not only as regards painting but also for writing.
It is an immediate need to satisfy. Actually, it is in this way that the artist perceives her act of faith through art. When she speaks of art, she tells us: “from the blank canvas to the final work, the most profound thoughts, knots, blocks, desires take shape, go back to a form of vivid memory which is expressed by the brush, notes, writing, or by movements of the body, but transformed, sublimated or even distant.” She sends us back to the awareness of self, of our limitations, of our faults, of the very structure of ourselves more or less marked by the life that we serve as a vehicle for, through the experience of the ages and through art, whether it be painted or written. “Creation, whatever it may be, makes it possible to give a meaning to life and (…) a meaning to death … which has meaning only if it does not represent an absolute end, but a cessation of existence; remembrance, memory, works of art will remain.”
Muriel Cayet, impassioned by creation and by life, is also a great philosopher. Furthermore, she admits to being filled with wonder at a mere nothing. She transforms everything into action, emotion, impulse, life’s energy. In 2009, she was named “Consulting Academician” to the International Academy of Fine Arts of Quebec. She has been recognized as an art expert by her peers.

                    Muriel  Cayet, to say as some do that she is multidisciplinary because she is professionalized  in various techniques of expression such as literature, painting, teaching or  even art therapy, that comes from a mind with drawers that is not in the reality  of its mental thinking.

                    

It is  true that implicates me in an analysis that is my own, but that I hope, she  will say, will be as close as possible to the management of the world that is  hers.

                    

To  paint, is it not to write, to write with a style appropriate to an expression used  by the great colorists which makes it possible to complement conventional  writing making possible an imaginary other.   Or else to write is to offer to painting directions of reading otherwise  expressed, thus offering in the reading of a canvas, sensitivities to which our  own culture does not allow us to have access to.

                    

And  then to teach or perhaps to guide in the range of hearing and understanding of  the listener so that he can draw from the various directions his own space and the  coherence of an expression which artistically becomes his identity.

                    

Is  this not to write in dialogue form, is this not to express oneself in the same  language, to speak in understood idioms.   Muriel Cayet is not, in my thoughts, this academic intellectual, which  she nevertheless is, but a cerebral artist, an artist in the most precise  definition of the term.   She is part of  a world that is for most of us either inaccessible, or that can seem bewildering,  as the reference points for integration into our societies have forged for us a  sometimes too rational mind, overshadowing the same components and values which  up to the point of self-censorship, make us believe that art is metrical,  constructed, defined and in its place when in fact it is in art that our mind  is constructed, and here in paintings that I feel are instinctive.  This, I have read in the works of Muriel, but  this instinctive world in which I have believed to have found her, is it indeed  the space in which she resonates?

                    

Finally,  if I were permitted to go astray, she has known how to captivate me, she has  known how to make it possible for me to look at myself, and to listen to  myself.  Indeed, art-therapy, painting,  literature, in her are visceral, true, unique and weaken all the superlatives  that could dare to impose inappropriate and more inadequate comparisons in the expression  of her painting and her mind which tears the veil that the culture of the  common vision imposes on us.  For me, her  painting requires an open mind, the active look and then you close your eyes.  Thank you, Muriel, for having brought me so much, given so much and please  believe that if today I have grown, it will leave an indelible mark in the long  path of the definition of my Self.

                    

Muriel, on behalf of  everyone, thank you again for your being and for saying it so well.

                  

Opening Speech of 7 April 2007 by Gerard Alexeef, Director of the  Art and Culture Gallery in Saint-Marcel. 

              

 

              

 

              


2009

              

 

              


              

               Sociétaire de la Fondation Taylor






               Membre de la Fédération Nationale de la Culture Française- European Art Group


                Membre actif ARTS-SCIENCES-LETTRES


                Membre de l’Académie Européenne des Arts-France


                Académicienne correspondante section : Arts


                de l’Accademia Internazionale «  GRECI-MARINO » (Italie)


                Membre UNIVERSAL ART SOCIETY – Palmes de Bronze


                Membre de l’Académie des Beaux-Arts du Québec


                Membre du Cercle des Seigneurs de l'Art


                Membre de l'Académie Mazarine


                Membre Arts et Lettres de France



                                                                                                     



               

              


  Présidente et co-fondatrice des « Rencontres de la Fontaine »

 ( association   ayant pour vocation l’organisation d’expositions artistiques, de conférences, d’ateliers d’expression), de la Garance Bleue, 

et du collectif Le Pluriel de Peindre.





              

 


            

muriel-cayet-novembre-2008            Atelier de Mareuil sur Arnon - Automne 2008 

            


            

           


           

 

                        

                                                                                           

            

 


              

        

 

            



Récompenses et distinctions:
2004:
Médaille de Bronze concours Art Fémina, CIAC, Pertuis
Mention Spéciale du Jury, Festival d’Avignon, 1er Grand Prix International
de Peinture et de Sculpture
Prix Art et Chevalets de Provence AIGLE DE NICE

2005:
Prix du Salon 2005 - Maurecourt (78)
Toile d’or 2005 et 2006, diplôme de « Créateur d’aujourd’hui » et d’artiste
de la communauté européenne (Fédération Nationale de la Culture Française )
Médaille de Bronze Concours International d’Arts Plastiques Virtuels-
KOKUSAI BIJUTSU SHINGIKA- KBS –Japon- 10.2005
Médaille d’argent- Solidarité Culturelle Française 2005- FNCF A.P
AIGLE DE NICE d’OR 2005 au 17ème Aigle de Nice International
2006:
Médaille d’argent – ARTS- SCIENCES-LETTRES
Encouragements -Concours International Puget-Fréjus ( FNCF)
Excellent Work Prize- International Art Exchange Exhibition KOBE (Japon)
Médaille d’Argent- Mérite et Dévouement Français
Chevalier Académique du Verbano- Académie GRECI-MARINO
Médaille d’Argent- Académie Internationale de Lutèce
Médaille d'Argent- Les Picturales de Longchaumois
Prix ATHENA Bronze- Académie Internationale des Beaux-Arts du Québec
Prix du Conseil Général des Alpes-Maritimes au 3ème Aigle de Nice de Cristal
Diplôme d'honneur de la Fondation POUS et médaille de la ville d' Auterive

2007:
Prix du Lions Club de Bourges au Salon de Saint-Florent sur Cher
Prix de Peinture VII Salon Invierno Galerie Esart Barcelone (Espagne)
Diplôme d'Art et Culture (St-Marcel) pour l'engagement dans le développement des arts
Prix du Public XIe Salon des Beaux-Arts de Magnac-Laval (87)
Médaille de Vermeil - Solidarité Culturelle Française - FNCF
Médaille de la Ville de la Roche-Posay
Honneurs académiques et médaille du dévouement aux Arts de l'Académie Mazarine
Ac. AIBAQ (Canada)
Lauréate du Prix du Public au salon d'automne de la Fondation René Pous à Auterive (31)
Prix International Anthony Van Dyck 2007 (Italia in Arte) "Per l'alto impegno professionale profuso nel corso dell'ultimo anno e per aver contributo all'affermazione dell'arte e della cultura nel mondo."
              

2008:
Révélation 2008 Grand concours international de la FNCF- Confrontation des Arts
Nomina di Socio Onorario per 2008 - Associazione Culturale Italia in Arte Brindisi Italia
Prix de Peinture du XXIVe Salon des Aix d'Angillon - Mai 2008
Artiste sélectionnée pour une exposition à New-York lors du Printemps du SAF 2008
association ALAF - Association de Tous Les Artistes Français - Cannes
Prix du mérite artistique du CIAAZ
Prix Michelangelo de l'Académie Mazarine
              Prix de la Fondation Pous 
Prix Michelangelo Buonarroti 2008 pour l'ensemble de l'oeuvre
              et Prix Human Rights 2008 pour la démarche artistique, décernés par               Italia in Arte.

              

2009:
Nomina di Socio Onorario per 2009 - Italia in Arte
Membre Honoraire de la Fédération Nationale des Peintres et Sculpteurs de France
Grande médaille d'or - FNCF
Reconnaissance en tant qu'artiste de niveau international- CIAAZ Québec - Canada
              Nommée Ac.conseil de l'Académie des Beaux-Arts du Québec
2e Prix du Public du Salon de Printemps de Romorantin
Consécration 2009 au Grand Concours International FNCF
La toile "Quatre colonnes et une odyssée" entre au musée de la Fondation Pous
Invitée d'honneur du salon des Aix d'Angillon(18)
Médaille du Conseil Général du Cher
2e Prix du Public au salon international de Chouzy-Blois

2010:
Prix Leonardo da Vinci Italia in Arte
Nomina di Socio Onorario per 2010- Italia in Arte
Membre émérite de la Fédération Nationale des Peintres et Sculpteurs de France
Lion d'Or 2010 de la FNPSF (pour la carrière artistique et la contribution au rayonnement des arts)
              Académicienne associée en degré supérieur de l'Académie des Beaux-Arts de Saint-Louis

              

2011:
              Prix France Europe décerné par Art Total Multimedia

 

 

PRIX ET DISTINCTIONS

Nombreuses sélections avec jury
Présidence d’honneur
Nombreuses médailles d’or
2017
Prix du Conseil Régional au salon de Lunery 2017 (France)
Prix du Conseil Régional Centre Val de Loire (France)
1er Prix Huile à l’exposition de Brugge (Belgique)
2016
1er prix du Festival International des Arts de la Bourboule (France)
1er Prix (huile) – Salon européen ECAPNI au Beffroi de Bruges (Belgique)
1er Prix de peinture – 54e Salon du Ripault (France)
Indexée ArtPrice
Distinction honorifique – Internation’ART 6e édition (Canada)
etc.
2015
Prix France/Europe
etc.
2014
Prix du Public au Salon des Aix d’Angillon (18)
Prix coup de coeur Festival des Arts de Vierzon (18)
etc.
2013
Prix France/Europe
etc.
2012
Grande Distinction Honorifique du CIAAZ
etc.
2011
Prix France/Europe
etc.

 2010

Prix Leonardo da Vinci Italia in Arte
Nomina di Socio Onorario per 2010- Italia in Arte
Membre émérite de la Fédération Nationale des Peintres et Sculpteurs de France
Lion d’Or 2010 de la FNPSF (pour la carrière artistique et la contribution au rayonnement des arts)
Académicienne associée en degré supérieur de l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Louis
etc.
2009
Nomina di Socio Onorario per 2009 – Italia in Arte
Membre Honoraire de la Fédération Nationale des Peintres et Sculpteurs de France
Grande médaille d’or – FNCF
Reconnaissance en tant qu’artiste de niveau international- (CIAAZ) Québec – Canada
Nommée Académicien-conseil de l’Académie Internationale des Beaux-Arts du Québec (AIBAQ)
2e Prix du Public du Salon de Printemps de Romorantin
Consécration 2009 au Grand Concours International FNCF
La toile « Quatre colonnes et une odyssée » entre au musée de la Fondation Pous
Invitée d’honneur du salon des Aix d’Angillon(18)
Médaille du Conseil Général du Cher
2e Prix du Public au salon international de Chouzy-Blois
etc.
2008
Révélation 2008 Grand concours international de la FNCF- Confrontation des Arts
Nomina di Socio Onorario per 2008 – Associazione Culturale Italia in Arte Brindisi Italia
Prix de Peinture du XXIVe Salon des Aix d’Angillon – Mai 2008
Artiste sélectionnée pour une exposition à New-York lors du Printemps du SAF 2008
association ALAF – Association de Tous Les Artistes Français – Cannes
Prix du mérite artistique du CIAAZ
Prix Michelangelo de l’Académie Mazarine
Prix de la Fondation Pous
Prix Michelangelo Buonarroti 2008 pour l’ensemble de l’oeuvre
et Prix Human Rights 2008 pour la démarche artistique, décernés par Italia in Arte.
etc.
2007
Prix du Lions Club de Bourges au Salon de Saint-Florent sur Cher
Prix de Peinture VII Salon Invierno Galerie Esart Barcelone (Espagne)
Diplôme d’Art et Culture (St-Marcel) pour l’engagement dans le développement des arts
Prix du Public XIe Salon des Beaux-Arts de Magnac-Laval (87)
Médaille de Vermeil – Solidarité Culturelle Française – FNCF
Médaille de la Ville de la Roche-Posay
Honneurs académiques et médaille du dévouement aux Arts de l’Académie Mazarine
Ac. AIBAQ (Canada)
Lauréate du Prix du Public au salon d’automne de la Fondation René Pous à Auterive (31)
Prix International Anthony Van Dyck 2007 (Italia in Arte) « Per l’alto impegno professionale profuso nel corso dell’ultimo anno e per aver contributo all’affermazione dell’arte e della cultura nel mondo. »
etc.
2006
Médaille d’argent – ARTS- SCIENCES-LETTRES
Encouragements -Concours International Puget-Fréjus ( FNCF)
Excellent Work Prize- International Art Exchange Exhibition KOBE (Japon)
Médaille d’Argent- Mérite et Dévouement Français
Chevalier Académique du Verbano- Académie GRECI-MARINO
Médaille d’Argent- Académie Internationale de Lutèce
Médaille d’Argent- Les Picturales de Longchaumois
Prix ATHENA Bronze- Académie Internationale des Beaux-Arts du Québec
Prix du Conseil Général des Alpes-Maritimes au 3ème Aigle de Nice de Cristal
Diplôme d’honneur de la Fondation POUS et médaille de la ville d’ Auterive
etc.
2005
Prix du Salon 2005 – Maurecourt (78)
Toile d’or 2005 et 2006, diplôme de « Créateur d’aujourd’hui » et d’artiste
de la communauté européenne (Fédération Nationale de la Culture Française )
Médaille de Bronze Concours International d’Arts Plastiques Virtuels-
KOKUSAI BIJUTSU SHINGIKA- KBS –Japon- 10.2005
Médaille d’argent- Solidarité Culturelle Française 2005- FNCF A.P
AIGLE DE NICE d’OR 2005 au 17ème Aigle de Nice International
etc.
2004
Médaille de Bronze concours Art Fémina, CIAC, Pertuis
Mention Spéciale du Jury, Festival d’Avignon, 1er Grand Prix International
de Peinture et de Sculpture
Prix Art et Chevalets de Provence AIGLE DE NICE
etc.


 

 

 





Une réflexion sur le désenchantement…
  L’art-thérapie ou ré-enchanter sa vie ! 

            

                                                                                               Par Muriel Cayet

            

                   Le désenchantement comme point de départ à la création
             
            Dans un premier temps, il est utile de définir le désenchantement. Désillusion,  perte de l’idéal, de l’harmonie, de la confiance en soi, dans ses idées, dans ses choix ; c’est tout cela le désenchantement. 

            

Il existe plusieurs attitudes que chacun peut adopter face au désenchantement : le repli, le recul, la réflexion, la prise de conscience vers de nouveaux choix et un nouvel élan, le désenchantement comme tremplin vers une  nouvelle donne ce qui est une issue plutôt positive au désenchantement, mais aussi la chute, la dépression, la mélancolie ou la nostalgie maladive qui pourraient constituer le versant négatif de la perte des illusions.
  La création littéraire  peut certainement mettre fin au désenchantement, en privilégiant l’action, dans l’acte créatif, et une satisfaction, un plaisir esthétique.
            

            

         Le désenchantement ou la perte des illusions : «J’ai perdu ma force et ma vie ». Musset 

            

Le mot désenchantement suscite dans mon esprit comme une immédiate baisse d’énergie, elle se visualise par une sorte de ballon de baudruche qui se dégonflerait, se flétrirait irrémédiablement, par une lumière crépusculaire, par la peau de chagrin. La mort des elfes et des mages ; la disparition du magique. Le romantisme français s’est penché avant moi sur la mélancolie, la désillusion, la nostalgie, le spleen, le «  bovarysme ». Ce romantisme se définit par une prédominance du Moi et de ses sentiments. Cet accent mis sur l’individu se comprend aisément ; la génération romantique naît alors que tous les repères collectifs et ancestraux viennent de s’effondrer. En effet, après les espoirs suscités par la Révolution de 1789, les années napoléoniennes, la Restauration ne propose qu’un régime réactionnaire et mesquin. Après plusieurs décennies où la France avait été au centre de l’Histoire, à l’avant-garde de l’aventure humaine, la société proposée aux jeunes, entre 1815 et 1825 semble fade, propice au repli sur soi.
  La prédominance du Moi a pris des formes très diverses. Chez Stendhal, le culte du Moi se confond dans une quête effrénée de bonheur, alors que chez Hugo, le Je du poète constitue le centre de la création divine et il est donc, plus que tout autre, capable de comprendre les finalités de l’univers. Pour Hugo, comme pour Novalis et Hölderlin, le poète ressemble à un prophète à un voyant.
  La primauté du Moi et la confrontation à un univers social désespérément ennuyeux  expliquent la double importance de la passion et du désenchantement. 

            

La passion amoureuse qui se nourrit d’obstacles et de dépassements (Tristan et Isolde de Wagner), et quand elle ne peut triompher, si elle ne peut être satisfaite, et chez les romantiques elle l’est rarement en dehors de la mort, le désenchantement apparaît. On parle alors de Mal du Siècle, de nostalgie, de mélancolie. Le romantisme relève d’une esthétique du malheur ; il a mis en scène d’éternels automnes, des soleils couchants toujours répétés et le suicide devient un thème à la mode.
  Le romantisme est sans doute l’un des courants littéraires encore très près de nous. La dynamique entretenue entre un univers social insatisfaisant, la quête de passion et le désenchantement, actuels, ne me semblent guère éloignés de ceux d’il y a deux cents ans ! 

            

J’ai perdu ma force et ma vie,
  Et mes amis et ma gaieté
  J’ai perdu jusqu’à la fierté
  Qui faisait croire à mon génie.

            

Quand j’ai connu la Vérité,
  J’ai cru que c’était une amie ;
  Quand je l’ai comprise et sentie,
  J’en étais dégoûté.

            

Et pourtant elle est éternelle,
  Et ceux qui se sont passés d’elle
  Ici bas ont tout ignoré.

            

Dieu parle, il faut qu’on lui réponde.
              Le seul bien qui me reste au monde
              Est d’avoir quelquefois pleuré.
             
            Tristesse. Musset. 1840

            


                            Dans «La confession d’un enfant du siècle » publié en 1836, Musset prend pour modèle Saint-Augustin et Chateaubriand et met en scène un jeune homme (lui). La confession de Musset renvoie à une interprétation historique et psychologique du personnage. Dans la première partie, il analyse le mal dont souffre sa génération, ce mal du siècle, et explique le nihilisme romantique par la chute de l’Empire.Désenchantement et idéalisme, badinage et emphase, romantisme et classicisme ne sont vraiment réconciliés que dans ses pièces. Lorenzaccio (1834) témoigne de l’idéalisme naïf et du cynisme de l’auteur et renvoie à l’angoisse de vivre ; contradiction dans laquelle réside incontestablement la modernité de Musset (mais aussi des thèmes évoqués). […]
              Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
              Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
              Je m’en irai bientôt, au milieu de la fête,
              Sans que rien ne manque au monde, immense et radieux. 

            

Soleils couchants. Hugo. 22 avril 1829
            Le désenchantement se ressent, se comprend, se vit, se lit. Il n’est pas un thème poussiéreux, mais au contraire très moderne.

            

                                      Un peu d’histoire et de sociologie

            

Depuis le développement de la sociologie au XIX ème siècle, le thème du désenchantement est récurrent pour qualifier le monde moderne. Mais qu’entend-on par désenchantement ?  Faire cesser le charme mais aussi perdre son enthousiasme. Tout comme le mot illusion, le mot désenchantement possède à la fois une connotation positive mais aussi un sens éminemment négatif. Tout le débat sociologique vient de ce que ces significations ne sont vraies qu’a priori. L’expérience du monde moderne a prouvé qu’à la disparition des sortilèges a pu se substituer un monde complexe où fourmillent les nouvelles formes de croyances plus pernicieuses ; de même la désillusion n’est pas nécessairement une mauvaise chose puisqu’elle dérive une certaine prise de conscience de la part des individus.
  Sur le plan sociologique, le mot désenchantement concorde avec l’évolution sociale qu’il caractérise. Réservé jusqu’à lors au sens strict de « cessation du charme » le mot désenchantement acquiert sa signification actuelle en 1802 née des circonstances historiques évoquées plus haut. 

            

Les penseurs-sociologues, dès la naissance de la discipline, se sont révélés pour la plupart nostalgiques d’un ordre passé, celui d’une société communautaire. Ce désenchantement, c’est la prise de conscience du monde moderne. L’individualisme n’est pas aussi facile à intégrer dans la société. Durkheim n’aurait pas vu de contradiction entre conscience individuelle et conscience sociale, mais simplement une autre organisation de la société, la solidarité organique étant le nouveau ciment social, la nouvelle « religion » de l’homme. Cette vision pessimiste du changement social envisage donc le désenchantement sous ses deux aspects : la perte des croyances est perçue comme un drame pour l’humanité ; le XIX ème siècle serait alors l’époque de la prise de conscience des effets pervers d’un progrès technique couplé avec la Révolution Française, autrement dit, une désillusion complète.
  On constate une dissolution des liens sociaux issus de structures traditionnelles émettrices d’  « enchantement », telles la famille ou la religion. 

            

«  Le destin de notre époque caractérisée par la rationalisation, par l’intellectualisation, et surtout par le désenchantement du monde, a conduit les humains à bannir les valeurs suprêmes les plus sublimes de la vie publique. »  Max Weber : Le Savant et le Politique, 10/18 ; 2002).

            

Désenchanter le monde serait donc de croire que nous pourrions, à condition de le vouloir, nous prouver qu’il n’existe en principe aucune puissance mystérieuse et imprévisible susceptible d’interférer le cours de la vie ! Weber constate une sorte de nivellement des valeurs, une égalisation des individus. Il décrit un monde qui atrophie le sens mystique du sublime pour mieux hypertrophier la raison et l’individu. 

            

Le désenchantement du monde est corrélatif du passage au monde moderne, avec l’évolution du rôle de l’Etat, le nouveau rapport  à la religion, mais aussi et surtout l’alphabétisation. Les sortilèges de l’imaginaire médiéval, même notés sur des grimoires ou des parchemins, étaient des sorts oraux à l’image des malédictions lancées par les sorciers sur les bûchers de l’Inquisition. Le mot enchantement vient du latin « cantare » - chanter.   Le passage à l’écrit est aussi une marque d’individualisation anonyme qui caractérise le monde moderne.

            

Le monde moderne – désenchanté… ou pas – n’a pas perdu tous ses repères « sacrés ». Le « politique » a certes pris la place prépondérante du « religieux »

            

Il convient maintenant de se pencher sur la vision contemporaine du désenchantement comme désillusion. Le XX ème siècle a réveillé les vieilles peurs millénaristes. Mais il a surtout révélé la nature humaine sous un jour nouveau : l’idée du suicide collectif évoqué par Sartre après Hiroshima. L’idée optimiste d’un progrès permanent de l’esprit humain – Condorcet, Kant-  est plus aussi évidente qu’à l’âge d’or de la philosophie moderne. La sociologie a joué un rôle majeur dans la révélation du désenchantement. Avec Bourdieu et le principe du « dévoilement » on peut dire qu’elle a contribué à la prise de conscience de l’individu. 

            

Etre désenchanté ne signifie t-il pas aussi être devenu conscient ? Avoir ouvert les yeux ? Rejeté les faux idéaux ? Compris le monde en marche ?N’est-ce pas le prix à payer pour plus de lucidité ? Sans doute ! 

            

Mais désenchantement va aussi avec amertume, désillusion, va avec l’esprit de celui qui est revenu de tout, désabusé, et se refuse à se laisser prendre à un quelconque enchantement pour ne plus souffrir d’être trompé. Le désenchantement s’accompagne de souffrances, de recul, de chute. On n’imagine pas un être désenchanté, la tête haute et le corps droit : l’être désenchanté est courbé, plie sous le poids des erreurs de jugement, des manquements, et se replie sur lui-même, meurtri, pour prendre de la distance, ou se morfondre. Une autre image colle à celle du désenchantement  non plus du  monde, mais de l’individu, c’est la solitude. 

            


               

            

Le désenchantement individuel. 

            

Tout commence par la désillusion, la perte des repères, socialement et affectivement et par l’instauration inconsciente et pernicieuse d’une mauvaise image de soi. 

            

Face à ces déceptions, ces désagréments, ce désenchantement, l’individu peut réagir de plusieurs manières :
  - L’acceptation (en minimisant la déception, en trouvant l’impulsion d’une nouvelle donne)
  - La fausse acceptation (déni, refoulement)
  - La fuite (l’individu se replie, se recroqueville, cherche à se protéger lui-même).
  - La recherche active de compensation (recherche d’autres « enchantements »)
  - Le silence, l’absence de communication. 

            

Le questionnement existentiel

            

Plus ou moins consciemment, chacun s’interroge sur le sens de sa vie. Orwell a dit «  La vie procure à la plupart des gens une dose raisonnable de joie et de plaisirs, mais au total, elle est souffrance et seuls les très jeunes ou les très fous peuvent s’imaginer autre chose ». Devons-nous en déduire que nous sommes tous des êtres désenchantés en puissance ? La vie, voie sans issue ?
  Certainement pas ! Que nous soyons désenchantés – par essence, même si cela se discute- n’implique pas que nous ne soyons pas conscients de notre rôle à jouer, de la difficulté de la vie, des souffrances à intégrer, mais aussi lucides, désireux de trouver un sens à sa vie, d’avancer, de se trouver « acceptables » ! Au désenchantement, je préfère l’espoir, qui vient parfois immédiatement après la chute ! 

            

Redonner l’espoir, redonner confiance, réapprendre à sourire, se relever, s’accepter, se faire plaisir ! Je préfère cela ! Après avoir pris conscience que le bonheur n’existe pas mais que nous pouvons néanmoins accéder à de merveilleux moments de bonheur, après avoir compris que la vie n’est pas faite que de plaisirs, mais aussi de contraintes, d’organisation, mais que nous disposons, si nous le voulons, si nous voulons bien y croire, de grands espaces de liberté, pour apprendre, créer, penser, s’exprimer, nous pouvons, sans doute donner à notre vie des couleurs, résolument plus vives que celles des ombres et des soleils couchants des romantiques, moins grises que le Spleen. 

            

L’harmonie universelle est une illusion, mais tendre à l’harmonie est un devoir inhérent à chacun. Dans « Utopie et désenchantement » ( Gallimard- L’Arpenteur, 2001)  Magris affirme que la vie n’a pas de sens  mais que la tristesse qui accompagne cette conviction indique qu’il faut en postuler, un, modestement, vigoureusement. Se tenir entre  « L’utopie et le désenchantement, inventer ironiquement l’espérance, et c’est ce que la littérature qui se pose souvent par rapport à l’Histoire comme l’autre face de la Lune, laissée dans l’ombre par le cours du monde, nous apprend, celle de Cervantès ou de Péguy. » 

            

Tout ceci s’apprend avec la pratique de la vie, avec l’expérience de l’existence à condition de renoncer pour toujours, avec lucidité, à ce qui peut être qualifié d’impossible, à condition de renoncer au besoin de posséder ou d’être une globalité, de renoncer à l’harmonie complète ou à son illusion.Ce travail de lucidité, permet  de se situer entre la déception magistrale et l’émerveillement, et de découvrir que nos imperfections, nos impuretés peuvent être joyeuses, libératrices  à l’opposé des fanatismes et des mensonges, et d’accueillir une sorte d’inquiétude acceptée, mais joyeuse, qui permet encore de s’attendrir, d’inventer des histoires, de tomber sous le charme, de resplendir de bonheur, parfois, à certains moments, salvateurs. Pour atteindre cette espérance, pour en finir avec le désenchantement, il convient de se placer lucide, conscient de son rôle, de ses atouts, de ses contraintes, et responsable, avec ironie parfois, avec humour, avec cœur encore, réinventer toujours le monde, avancer, grandir, choisir. 

            

La morale devient une esthétique et réciproquement, et comme aurait dit Baudelaire, naturellement pour fonder l’entreprise de vivre, menue, immense. Quelles sont nombreuses les possibilités d’embellissement du monde et d’émerveillement personnel ! 

            

Mais quand plus rien ne vous parle, que vous ne voulez  plus entendre personne, que les portes intérieures se referment sur la mélancolie, le désenchantement, une aide, concrète, salvatrice, peut vous permettre de voir le monde plus beau et de vous voir plus beau, plus à votre place au cœur de ce monde, je veux parler bien entendu de l’art-thérapie et plus particulièrement de ce qui nous occupe ici : l’écriture.En redonnant confiance, en permettant de redécouvrir l’émerveillement, en se plaçant comme producteur de sa vie, en y mêlant le Beau, le Bon, le Bien, cet esthétisme et cette morale –personnels- , chacun peut sans doute, voir le monde plus beau. Les personnes marginales sont ou se sont souvent mises à l’écart de la société par désenchantement (attitude de rejet de la société des délinquants, toxicomanes, chômeurs…). JP Klein écrit ( L’art-thérapie, PUF, p. 91) : « Le marginal en difficulté peut ainsi trouver  ( dans les ateliers) sa propre voie et sa propre place, s’assumant comme sujet qui se revendique non par rapport à un centre extérieur à lui mais comme le centre de sa propre territorialité. Le conte, la photo, le théâtre, la danse, l’écriture sont ainsi proposés à des zonards, des prisonniers, des habitants des quartiers difficiles. »  (autrement dit à des désenchantés). L’écrivain Armand Gatti travaille avec des délinquants et des toxicomanes, chacun devant retrouver sa dignité, élaborer des projets individuels et les mettre en adéquation avec les possibilités institutionnelles. 

            

François Bon, également écrivain, a quand à lui mis en place des ateliers d’écriture dont la pratique  tend à se développer considérablement depuis ces dernières années. François Bon est, sans aucun doute, l'un des témoins privilégiés de ce phénomène puisqu'il anime des ateliers d'écriture auprès de publics très divers depuis plus de dix ans - publics en situation extrême, lycéens de banlieues difficiles, Rmistes à la dérive, détenus, étudiants, acteurs de théâtre, enseignants .              Le travail de François Bon passe avant tout par la recherche d’une réelle adéquation entre les participants et leurs préoccupations, leur mode de vie, leurs repères, afin de leur permettre de recouvrer une bonne image de soi, de relancer en quelque sorte la machine de la socialisation, mais plus encore, celle de l’émerveillement, de l’acceptation de la beauté, de la bonté :
" Il m'a semblé que j'étais coupé de quelque chose de vivant. Et cela s'est seulement rétabli à partir du moment où j'ai régressé, je veux dire où l'écriture a retrouvé une fonction première, originelle, qui est la profération, la diction. " Peut-être avoir retrouvé cette fonction première en se confrontant au lieu d'une violence radicale, là où tout bascule.François Bon n'est pas tant à la recherche d'un langage, qu'à l'écoute de ce " lieu de violence " chez ceux qui, en errance et en rupture, laissent sourdre une vérité cachée de notre monde, à travers la manière brutale et primordiale qu'ils ont d'agencer les mots. " Découvrir comment, chez ceux-là, ces mots témoignent sans le nommer de ce qui se passe en dehors d'eux ", dit-il à propos du travail qu'il fit à Tours. Il y a animé un stage avec dix acteurs professionnels. Ensemble, ils sont allés aux franges de la ville pour tenter de la nommer ;  la parole échangée va révéler les craquements, les failles ou les fractures de personnages apparemment lisses mais absolument désenchantés, comme vidés d’une certaine substance, celle des espoirs promis et de l’espérance toujours possible.
Tout ceci peut être réalisé par la création littéraire dans un camp de concentration, seul face à soi-même, à si peu de soi-même ou face à rien que soi-même, ou dans le cadre d’un atelier d’écriture, pour contrer le désenchantement, pour sortir de l’isolement. Ne plus avoir peur de se trouver « seul en compagnie », ne plus avoir peur de se trouver réellement face à soi… Et dire, se dire vraiment et ré-enchanter sa vie en la reprenant en main !

            

 

            

Membre de la Société Internationale de Psychopathologie de l'Expression et d' Art-Thérapie (S.I.P.E)

 
Créé avec Artmajeur